
La fin de la guerre de Sécession en 1865 marque une transition dans l’histoire des Etats-Unis. Les colts disparaissent des ceintures et avec eux le mythe fondateur de l’aventurier mal rasé. Dans cette amérique qui se «civilise», Jesse James apparaît comme un vestige du passé, un anachronisme qui n’a plus sa place dans une société en mutation. Son assassinat est un acte politique qui propulse en quelque sorte l’amérique dans l’ère moderne.
Un film inclassable…Sorte de mutant cinématographique moitié western moitié fable philosophique. Entre Ingmar Ford et John Bergman.
Andrew Dominik c’est un peu l’anti Jacques Séguela. Le refus inconditionnel de la publicité mensongère. Son film ne s’appelle donc pas «Ensemble tout devient possible» mais bien «L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford». Et l’asssassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford c’est exactement le propos du film. Comme quoi en 2007 il est encore possible de faire des slogans choc et de s’y tenir.
La réalisation est sublime et d’un trés haut niveau technique. La prise de vue très photographique explore les possibilités offertes par le jeu sur la profondeur de champ. En la réduisant, le réalisateur donne l’impression que les protagonistes évoluent dans un huis clos alors même qu’ils chevauchent dans des décors grandioses qui s’étendent à perte de vue.
En associant ces images à la musique lancinante de Nick Cave, Andrew Dominik signe là une pépite d’une incroyable pureté mélancolique




















Un Commentaire | Participer !
En effet, c’est un film sur la fin d’un monde et le début d’un nouveau. A noter d’ailleurs que c’est juste après que naît le cinéma…
Un bien beau film :)