It’s a free world

Un film britannique, italien, allemand, espagnol de Ken Loach
Avec : Kierston Wareing, Juliet Ellis, Leslaw Zurek
Genre : Drame
Durée : 1H33
Avis : Oui

It’s a free world

Angie est londonienne. Mère célibataire, elle se retrouve au chômage suite à un licenciement qui, dans notre beau pays, est aurait été qualifié d’abusif (ndla : considération complétement anachronique dans la « France d’après » qui vous l’aurez compris me contraint à l’emploi hasardeux de la première forme du conditionnel passé du verbe être)

En gros elle est dans la mouise et il va bien falloir trouver de quoi bouffer pour le gosse.

S’enrichir ce n’est pas si compliqué : il suffit de trouver des pauvres.

Plus exactement, il suffit de trouver plus pauvre que soit…

Des crèves la dalle, Angie n’a qu’à se baisser pour en trouver. Il suffit juste de fermer les yeux et d’oublier que ces travailleurs immigrés, clandestins apatrides, affamés et désespérés ne sont pas des humains mais de la viande dont on peut tirer de substantiels bénéfices.

Une fois de plus Ken Loach dénonce. Une fois de plus ses protagonistes tentent de se sortir d’une situation sans issue. Et une fois de plus ils n’y parviendront pas.

L’exploitation de la misère par la misère est un schéma aussi implacable que le libéralisme qui l’a engendré.

AddThis Social Bookmark Button


6 Commentaires | Participer !

  1. U - 8 janvier 2008 | Permalien

    On pourrait disserter longuement sur Ken Loach qui, à mon sens, est le plus grand usurpateur du cinéma engagé (il ne dénonce jamais rien à part l’illusion candide de vouloir changer les choses).

    Je préférerais chipoter sur une autre remarque candide lue ci-dessus; celle qui veut que le libéralisme engendre l’exploitation de la misère par la misère.

    Je crois au contraire que l’histoire (et les sciences naturelles) nous prouvent amplement que ‘l’exploitation de la misère par la misère’ n’a pas besoin de stock options pour être une entreprise florissante. Pour ne parler que de fiction, je te renvoie a Zola, a Hugo, au Petit Poucet ou a la Guerre du Feu.

    Je ne parlerais même pas des systèmes de castes humains ou animaux, de la curetaille ou de la cour de récré…

    ‘L’exploitation des pauvres par les cons est un schéma aussi implacable que le déterminisme génétique qui l’a engendré’ m’aurait semblé plus juste.

  2. jrom - 8 janvier 2008 | Permalien

    Deux remarques,

    1. Résumé d’un film de Ken Loach : ‘A’ est dans la merde. ‘A’ essaye de s’en sortir. ‘A’ reste dans la merde. Fin du film.
    Difficile d’y voir une «illusion candide» de vouloir (pouvoir) s’en sortir

    2. Attention à ne pas déformer mon propos. La conclusion ne fait que refléter l’impression laissée par le film. Elle n’est que la conséquence d’une réalité plus globale dont les racines puisent au plus profond de l’humanité et de son histoire.
    Cette réalité s’appelle aujourd’hui «libéralisme» comme hier elle s’appelait «religion» et pourquoi pas «démocratie» demain…

    Mais relier cette réalité, cette tendance historique à un «déterminisme génétique» cela revient néanmoins à refuser le libre arbitre, à considérer que tout est inné…Cela me rappelle des propos assez malvenus d’El Presidente

    A l’explication atavique je préférerais donc l’instinct nietzschéen qui « de toutes les variétés de l’intelligence découvertes jusqu’à présent, est la plus intelligente» comme moteur de l’exploitation humaine.

  3. U - 8 janvier 2008 | Permalien

    C’est a ton tour de détourner mon propos, cher ami. Je ne suis adepte ni de la sociobiologie, ni du darwinisme social. Je pense simplement de l’exploitation des pairs s’explique au delà de l’économie (d’où ma réaction malicieuse a ton petit raccourci). Je pense en fait qu’elle trouve son origine dans la division des taches, qui est une étape essentielle dans l’évolution des sociétés animales. Et la, ya pas de libre arbitre qui tienne.

    ps: Ton résumé des films de KL me rappelle mot pour mot un excellent article sur le sujet, paru dans le défunt magazine pour ouvriers et BAC+5 Clark Nova. J’essaierais de t’en faire parvenir une copie. Quoi qu’il en soit, ta remarque ne fait qu’illustrer mon propos. C’est du déterminisme social pur et dur. On est plus proche ici de la réaction -au sens politique- que du progressisme.

    pps: Je ne suis pas sur de comprendre ta référence nitzchéenne.

  4. jrom - 8 janvier 2008 | Permalien

    Le parallèle avec les sociétés animales est intéressant. Je suppose que tu fais référence à la fourmilière par exemple qui peut être vue non pas comme la somme de ses individus mais comme une entité propre. Cependant j’aime à croire à l’individualisme humain. Non dans son sens égoïste mais bien dans celui plus noble de la différenciation par rapport à ces congénères.

    ps: j’attends avec impatience l’article de clarknova. Je regrette d’ailleurs la disparition prématurée de cet excellent magazine culturel (ou contre culturel c’est au choix :)

    pps: ce que je veux dire c’est que l’exploitation du plus faible par le plus fort est une des formes instinctives de la survie (à condition bien entendu de considérer la survie de l’individu et non pas la survie de l’espèce pour rebondir sur la remarque précédente)

  5. jrom - 8 janvier 2008 | Permalien

    Au passage un petit clin d’oeil à Clarknova

  6. Benjamin F - 25 janvier 2008 | Permalien

    C’est le problème du cinéma, le format se prete bien à la dénonciation mais ne permet pas d’argumenter / contre argumenter sur un thème aussi complexe que l’impact de l’économie sur la morale. Du coup oui le propos de Loach reste superficiel.

Ajouter un commentaire | Trackback | Haut de page »

Votre adresse mail n'est jamais publiée . Les champs obligatoires sont marqués *

*
*