Dans l’industrie agro-alimentaire, il y a les ouvriers qui bossent aux champs et les autres.
Les premiers ils sont rigolos avec leurs costumes anti-radiations comme à Golfech. C’est pas pour se protéger du soleil qu’ils se déguisent, non. C’est pour éviter de respirer les tonnes de produits chimiques qu’ils déversent dans les prés.
Les autres ils travaillent dans de grands complexes tout aseptisés avec plein d’animaux dedans.
Les animaux ils arrivent tout petits dans l’usine mais ils restent pas longtemps parce-qu’on leur donne tout plein de bonnes hormones qui les font grandir trés trés vite. En plus on prend bien soin d’eux en leur injectant de belles doses d’antibiotiques pour pas qu’ils attrapent un rhume ou un truc comme ça.
Après on les zigouille.
C’est peut etre pour ça que les ouvriers de dedans l’usine ils ont l’air tout triste.
Notre pain quotidien est un film sans parole, sans transition, sans appel. Nikolaus Geyrhalter peint des plans fixes aux cadrages léchés qui se succédent aussi inlassablement que les gestes mécanisés des hommes et des femmes qui composent ces tableaux.
Prisonniers de cette fresque sordide, nous assistons, complices, à l’élaboration de notre pain quotidien.












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