Into the wild

Un film etats-unien de Sean Penn
Avec : Emile Hirsch, Marcia Gay Harden, William Hurt
Genre : Drame
Durée : 2H27
Avis : Mouais

Into the wild

There is pleasure in the pathless woods,
There is rapture on the lonely shore,
There is society where none intrudes,
By the deep sea and the music in its roar
I love not man the less, but Nature more.

Lord Byron

Into the wild est l’adaptation du roman éponyme de John Krakauer. L’auteur y relate l’histoire vraie de Christopher McCandless, qui, écœuré par la tyrannie de son père et l’apathie de sa mère, décide de prendre la route dans un périple initiatique et solitaire qui le mènera jusqu’à sa mort quelque part au fin fond de l’Alaska.

D’un scénario aussi mince et casse gueule on peut redouter le pire et rarement le meilleur.

Sans surprise, le film de Sean Penn ne déroge pas à cette cruelle réalité statistique.

Avec la rigueur du naturaliste, M. Penn énumère tous les travers du film de genre «road movie peace and love» : l’ensemble de la faune et de la flore, du hippie à l’ours brun est consciencieusement répertorié durant les 2H27 minutes que compte le film. Gageure qui laisse cependant le temps au réalisateur de ponctuer le récit d’un discours vaguement moralisateur.

Ce fond de réthorique quasi christique finira de dérouter les partisans du retour à la nature comme les critiques les plus farouches de la société de consommation. Quant aux adeptes de la voix chaude d’Eddie Vedder, auteur/compositeur/interprète de la musique du film, ils auront tout le loisir de disserter sur le douloureux virage country du chanteur de Pearl Jam

Mais alors que reste-t-il d’Into the wild ?

De beaux paysages et la lente agonie du spectateur.

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26 Commentaires | Participer !

  1. nanouche - 12 janvier 2008 | Permalien

    Ah, moi qui pensais enfin voir un beau film dans tous les sens du terme. Je suis un peu decue mais tant pis j’irai quand meme le regarder pour me mettre des beaux paysages plein la vue. Et je ne manquerai pas de donner mon avis ;)

  2. gil - 14 janvier 2008 | Permalien

    « D’un scénario aussi mince et casse gueule on peut redouter le pire et rarement le meilleur »

    … Sans parler du film, que je n’ai pas vu, mais dont on m’a parlé, sous un tout autre angle que celui de Jrom, ce qui me donne envie de me faire ma propre idée, je reviens sur cette affirmation ‘statistique’ que je ne partage pas.

    La richesse d’un film et sa générosité, l’intérêt du regard sur les êtres à travers les personnages, les plans qui bouffent les tripes, l’intensité à fleur de peau, ne dépend pas complexité du scénario.
    Et pour mettre de coté la statistique, je ne citerai qu’un contre exemple, parce qu’il m’a profondément chamboulé et déstabilisé, au point de sortir de la séance complètement lessivé.

    Avec une pitch simplissime : Le couscous sera t il prêt a temps !

    « la graine et le mulet » d’Abdellatif Kechiche

  3. jrom - 14 janvier 2008 | Permalien

    > Le couscous sera t il prêt a temps !

    Il me semble que la réponse à cette question a été brillamment donnée par Claude Zidi dans «Les sous-doués», pièce majeure du courant dit de «l’humour à la française»

  4. jrom - 14 janvier 2008 | Permalien

    Et pour répondre plus sérieusement à Gil

    > les plans qui bouffent les tripes, l’intensité à fleur de peau, ne dépend pas complexité du scénario

    Ai-je écris le contraire ?

    J’irais plus loin : je pense que les films qui prennent le plus aux trippes sont ceux qui n’ont aucun scénario.

  5. U - 14 janvier 2008 | Permalien

    >J’irais plus loin : je pense que les films qui prennent le plus aux trippes sont ceux qui n’ont aucun scénario.

    Tu penses certainement au ‘Regard d’Ulysse’ d’Angelopoulos en disant ca?

  6. jrom - 14 janvier 2008 | Permalien

    :)))

  7. U - 14 janvier 2008 | Permalien

    Sérieusement, j’ai beau réfléchir, je n’arrive pas a trouver un film ‘sans scenar’ qui m’ait vraiment pris aux tripes (a part peut être le cycle Cremaster de Mathew Barney, mais c’est une oeuvre d’art contemporain avant tout).

    Des suggestions?

  8. jrom - 14 janvier 2008 | Permalien

    Tous les John Woo ?

  9. U - 14 janvier 2008 | Permalien

    Je crois qu’on s’est mal compris.

    Pour moi, ‘pas de scénario’ ne veux pas dire ‘scénario simpliste’. Ca veux dire, VRAIMENT pas de scenario. Au premier degré (comme heu… Microcosmos). Sinon c’est facile. Y a Buffet Froid par exemple. Ou tous les films de John Biroot…

    De plus, je pense que tu es severe avec John Woo: Face Off a un scenario super chiadé.

  10. jrom - 14 janvier 2008 | Permalien

    Si on exclut tout scénario, on tombe vite dans le cinéma expérimental ou le film de vacance (et encore le choix de filmer le gosse qui fait un pâté de sable plutôt que mémé peut être considéré comme motivé par un choix scénaristique)

  11. gil - 14 janvier 2008 | Permalien

    Et sinon la branlette c’est un choix scénaristique ?!?

  12. U - 14 janvier 2008 | Permalien

    Dans certains films, oui…

  13. jrom - 14 janvier 2008 | Permalien

    Dans la plupart des films, oui…

  14. U - 14 janvier 2008 | Permalien

    Ça me fait penser a une branlette filmée non-scenarisée: dans le film Harry Potter et la Chambre des Secrets!

    Dans la scène ou la vielle donne un cours magistral sur la dite Chambre, on voit clairement dans le décor un singe en cage qui se sguegue.

  15. jrom - 14 janvier 2008 | Permalien

    Serait-ce le secret auquel fait référence le titre sybillin ?

  16. isa - 14 janvier 2008 | Permalien

    catégorie film magnifique avec un scénar qu’il faudra aller chercher,images magnifiques et une question fondamentale qui peutre vous aidera à positionner votre idéologie intrinsèque,je vous conseille Le Testament d’Andrei Tarkovski.Je n’y avait pas tout compris loin de là, je m’étais parfois ennuyée, et pourtant,il m’a remuée à tel point que 20 ans après,j’ai éprouvé le besoin d’y revenir avec une expérience de vie, des désillusions,le recul de la jeunesse,et ça chamboule tout,et surtout, surtout,qu’auriez vous fait à la place d’alexandre?….

  17. jrom - 15 janvier 2008 | Permalien

    Je ne retrouve pas cette œuvre dans la filmographie de Tarkovski. Tu dois parler du film « Le sacrifice » ?
    En tout cas cela va me donner une occasion de passer à la médiathèque :)

  18. Nanouche - 21 janvier 2008 | Permalien

    > Into the Wild
    Suis contente d’avoir vu ce film.
    Mon coeur s’est affreusement serré et j’ai plongé dans les reflexions et questions existentielles posées à travers les différentes rencontres de Christopher. Les messages sont beaux.
    J’en retiendrai la conclusion suivante:
    1) le vrai bonheur, c’est celui qu’on partage.
    2) Il faut appeler les choses par leur vrai nom et ne pas se cacher et fuir les vérités.
    Néanmoins, j’admire son courage de tout larguer et ,de tailler la route. Moi aussi, j’en ai rêvé au même âge, j’ai claqué la porte mais je n’ai pu fuir qu’à 800km de chez moi pour arriver à St-Gaudens…!
    Bravo à ceux qui ont des couilles et qui vont jusqu’au bout de leurs idées!

  19. isa - 7 février 2008 | Permalien

    désoléé pour ma réponse tardive,parfois je m’y perd un peu ds ce site Tu as parfaitement raison le sacrifice Mea cula!!Tu l’as vu depuis?

  20. jrom - 7 février 2008 | Permalien

    Nan j’ai pas eu le temps…mais c’est noté dans ma liste des trucs à faire ;)

  21. Nanette - 15 février 2008 | Permalien

    2h30 (Into the Wild)… ça partait mal, j’avais déjà faim au début de la séance (18h30).
    Finalement c’est passé assez vite. L’histoire, les paysages… Je me suis facilement projetée dans l’aventure. Je ne remets pas en cause les qualités physiques du personnage et la bonne étoile qui le suit jusqu’au bout (enfin jusqu’à la mauvaise herbe) mais il n’a quand même pas eu de grosses galères non ?
    Toujours une allumette bien sèche pour faire rôtir le gibier, toujours un bon gros livre sorti de… du sac à dos sans doute, le « magic bus » tout équipé jusqu’au poêle à bois. Sans oublier la descente des rapides dans son canoë magique qui ne chavire jamais parce qu’il est vraiment trop fort.
    Que dire aussi des gens fantastiques qu’il rencontre sur sa route… Film un peu trop romancé à mon goût.

  22. Shin - 12 avril 2008 | Permalien

    Bonjour,

    « Into the Wild » est un film magnifique très riche de sens et aux paysages somptueux.

    Un film intelligent et brillant d’un Sean Penn qui démontre toute sa sensibilité et sa révérence face au parcours de cet être hors du commun.

    J’avais peur que le film ait un côté « ma société elle a que des problèmes, ma société elle a mauvaise haleine », mais il n’en est rien et c’est une très bonne chose. J’ai vraiment été transporté par l’absurde destin de ce personnage incarné à merveille par Emile Hirsch…

    Amicalement,

    Shin.

  23. Laurent - 10 décembre 2008 | Permalien

    Désolé, j’arrive tardivement mais j’ai lu le bouqin cet été et ai recu le DVD juste après. Le bouquin m’a grave pris aux tripes, m’a bouleversé et déstabilisé. Le film par contre est creux et pas terrible. qques beaux plans (heureusement) mais peu de crédibilité, pas de rapport au temp, c’est mélangé et brouillon je trouve…. Sean Penn reste pour moi meilleur acteur que réalisateur.

    En tous cas c’est un beau suicide…..

  24. Tom - 27 mars 2009 | Permalien

    Pour moi je trouve que c est un film fabuleux! Avec une bande son parfaitement bien adaptée a l esprit du film…peut être avec un senario un peut mince…mais je le trouve quand même vraiment super beau…je pleur tout le temps a la fin…pour vous dire ;-)

  25. Withfifi - 30 mars 2009 | Permalien

    Ben moi je rajouterais simplement que c’est un des films qui a fait que je vis en Nouvelle Zélande depuis 4 mois. Oui c’est un peu long, oui c’est un peu romancé, mais je trouve qu’il provoque son effet: faire réfléchir un petit peu. Après c’est totalement subjectif.
    Mais est-ce qu’elle nécessite un scénario super schiadé?? Pas sûr. Il est pas facile d’adapter ce genre de livres au cinéma et je trouve que Sean Penn s’en sort pas trop mal même si ce n’est pas son meilleur film.

  26. Pauline - 5 octobre 2011 | Permalien

    Je trouve cette « critique » trop « personnelle »…
    Into the wild est un film moralisateur, qui fait réfléchir à la situation de chacun. Christopher McCandless a fait le choix que beaucoup n’osent pas faire, mais c’est vrai, ça n’est pas à propos du film en lui-meme.

    Mettre un avis: »mouais » pour ce film est un peu léger. Quand à descendre son réalisateur… C’est très moyen aussi. Mais bon, tout critique aime provoquer!

    Je suis tombé sur ce site par hasard (évidemment) mais jrom m’a donné envie de défendre ce film que je trouve excellent. Certes il faut avoir l’esprit ouvert pour pouvoir en apprécier toute la poésie, la rébellion et la morale. Les acteurs nous font vivre avec eux, partager leur vécu.
    Emile Hirsch était parfait pour ce rôle. Quand à Sean Penn, n’ayant pas vu ses autres réalisations, je ne peux pas en juger s’il a déja mieux fait ou pas. Mais je ne pourrais jamais dire « mouais » de son film.
    Ce film fait réagir!

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